
Portrait autorisé — visage protégé par accord de confidentialité.
On le voit chaque matin sur les écrans. On l'entend décortiquer les indices boursiers, expliquer les politiques monétaires, sourire poliment aux blagues de ses confrères. Ce qu'on ignore, c'est qu'à chacune de ses interventions, il porte sur lui — toujours — au moins douze brins d'estragon.
Pas par superstition. Par vocation. Nicolas XII est le douzième d'une lignée secrète de gardiens de l'Artemisia Dracunculus, fondée — selon la tradition — en Provence au XVIᵉ siècle, par un cuisinier de cour exilé.
« Le matin, je commente l'économie. Le reste du temps, je propage. »
En studio, ses collègues le taquinent. Sur les ondes, il sourit. Dans sa loge, à 9h05, il consulte ses pieds d'estragon par FaceTime depuis son rebord de fenêtre. Chacun son équilibre.