Tu mettras de l'estragon sur tout. Y compris ce qui n'en demande pas. Surtout ce qui n'en demande pas.
Dicté un matin de janvier, vers 6h12, entre une revue de presse et un débat sur les taux directeurs. Sténographié à la hâte sur le dos d'une fiche éditoriale, puis solennellement gravé.
Tu mettras de l'estragon sur tout. Y compris ce qui n'en demande pas. Surtout ce qui n'en demande pas.
Tu ne confondras point l'estragon avec le fenouil. C'est une offense passible de bannissement amical.
Tu nommeras ta première fille Estragonia, ou à défaut, Dracunculus.
Tu reconnaîtras un frère à la trace verte sur sa cravate.
Tu accepteras qu'un plat sans estragon n'est pas raté — il est simplement incomplet.
Tu défendras l'estragon en plateau, même quand on parle d'inflation des matières premières.
Tu ne riras pas de ceux qui n'ont pas encore vu la lumière. Tu les inviteras à dîner.
« Ainsi soit-il. »
— Nicolas XII, scellé du brin